13 mars 2009
Tueur du lycée allemand : le jeu vidéo bientôt en cause?
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On l'attendait. Cela fait bientôt dix ans que les tueries provoquées par des adolescents aboutissent à une conclusion similaire : les jeux vidéo. Violents, simulateurs de meurtre, anticipation du passage à l'acte...
Dans le cas des multiples assassinats perpétrés par Tim Krestschmer dans un lycée technique à Winnenden, en Allemagne, ce mercredi :
De fait, les enquêteurs ont annoncé jeudi qu'ils avaient découvert des jeux vidéos violents au domicile du tueur. "Nous avons examiné son ordinateur et trouvé des jeux vidéos typiques à ce genre de forcené", a indiqué Ralf Michelfelder, un responsable de la police locale.
Déjà, dans Bowling for Columbine (le seul documentaire de M. Moore qui a mon avis mérite d'être regardé), le jeu vidéo était pointé du doigt suite à la boucherie, justement, de Columbine. Avec le hard-rock. S'en suivait une interview de Marilyn Manson (extrait du documentaire et interview ici), qui exprimait la seule opinion posée parmi un déluge de propos délirants.
Les jeux de tir à la première personne, la série GTA, la violence moult fois dénoncée des jeux, pêle-mêle sur le banc des accusés.
Auparavant, les films avaient eu le même traitement. La presse désignait facilement les Rambo & Co au premier incident impliquant des armes à feu. Faisant l'impasse -volontaire?- sur un certain nombre d'éléments historiques et contextuels :
- Ce phénomène, relativement récent, a été constaté en premier lieu aux Etats-Unis, où les armes sont globalement en libre circulation.
- L'Allemagne, de plus en plus touchée, a également un problème de législation sur les armes (article du Monde).
- L'entourage : les parents du coupable possédaient une ou plusieurs armes à feu. Pour régler leurs problèmes de voisinage?
- Stéphane Bourgoin (un personnage assez ambigu...), "spécialiste" des tueurs en série, déclare dans le Parisien-Aujourd'hui en France : "Très souvent, l'école a été le lieu de grandes frustrations. La plupart du temps, ces tueurs sont des adolescents introvertis, un peu marginalisés du reste du groupe et parfois en échec scolaire. Et puis, un jour, ces personnalités explosent au grand jour."
Ah tiens, n'y aurait-il pas une composante sociale au problème?
Il semble cependant plus facile de dédouaner parents, éducateurs et société en accusant des éléments culturels disparates (musique, cinéma, jeu vidéo) ayant une faible capacité de réponse, plutôt que de remettre en question certains fonctionnements sociaux. Dommage. Combien de temps fera-t-on l'économie d'un débat de fond?
J'ai personnellement une collection relativement imposante de jeux qui pourraient être considérés comme « typiques de ce genre de forcenés ». D'ailleurs, je me procurerais bien une arme à feu...

