24 août 2009
Tale of Tales, auteurs de The Path, à la GDC 2009
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Un peu d'anti-actualité! Alors que tout le monde se pressait il y a peu à Cologne pour la Gamescon 2009, je préfère revenir en compagnie des auteurs de l'énigmatique "The Path", Auriea Harvey et Michael Samyn, à la Game Developpers Conference annuelle qui a eu lieu en mars à San Francisco. Du compte-rendu (très critique) sur leur blog je retire deux ou trois choses :
Grosses productions et jeux indépendants
Une réelle amertume des indépendants face aux machines de guerre des grands éditeurs. Des jeux fonctionnant mal, obsolètes et pauvrement élaborés ; avec le prix d'un seul de ces blockbusters, il serait possible de financer le développement de 20 jeux indépendants... voire de révolutionner l'industrie du jeu vidéo.
David Cage
Une conférence par David Cage, patron de Quantic Dream et développeur français auteur de The Nomad Soul, Fahrenheit et prochainement de Heavy Rain (2010). Selon lui, l'industrie du jeu vidéo est à un tournant de son existence (ah, ça me rappelle quelque chose déjà cité dans ce blog), et peut continuer à produire avec succès des jeux pour enfants et adolescents, ou devenir un media mature, avec le même niveau de diversité que le cinéma. Les développeurs de Tale of Tales surenchérissent : mieux que le cinéma, peut-être, tant le jeu vidéo semble pouvoir représenter les problèmatiques du monde moderne.
Peter Molyneux
Une conférence brillante, comme d'habitude, mais finalement inquiétante, avec en filigramme le fait que, en présentant son cheval de bataille depuis quelques années (les possibilités de choix dans le jeu vidéo), Peter Molyneux ne semble finalement s'intéresser qu'aux principes de mécanique de jeu, sans prendre plus de recul sur le fond. On revient finalement à l'illusion du contrôle, un concept aussi vieux que le jeu vidéo lui-même.
L'antidépresseur des impuissants...
La conclusion de l'événement par les auteurs de The Path, "un peu" désabusés... Aucune inspiration n'est demandée, aucune imagination n'est désirée. Vous n'avez pas à être capable de faire quoi que ce soit ; soyez n'importe qui. Allumez la machine, elle vous fera croire que vous êtes un héros, contrôlant un empire au sommet du monde. Vous et les légions de nerds pathétiques, trop timides ou paresseux pour faire quoi que ce soit de leurs vies, contentez-vous de rester assis et de faire semblant, fiers des milliards de milliards dépensés par cette industrie pour continuer à vous abrutir.
Dur à entendre, mais certaines vérités gagnent à être dites.
En bonus :
Une critique intelligente et bien construite de The Path par Edward Picot (en anglais)
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Mes jeux du moment :
PC : Empire Total War (Creative Assembly / Sega) et Arma II
DS : Blood Bowl (Cyanide / Focus Interactive)
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20 août 2009
Comment David a battu Goliath
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Un article particulièrement intéressant a été publié dans le New Yorker, décrivant les mécanismes qui font qu'à partir d'une situation à première vue désespérée, un outsider pouvait espérer vaincre un adversaire en position de force.
L'auteur, Malcolm Gladwell, cite forcément la bible : le petit David, un enfant armé d'un lance-pierre, affronte le gigantesque Goliath, un soldat entraîné et armé. David gagne. Une exception? Non... En passant en revue différents exemples, qu'ils soient historiques ou même sportifs, l'essayiste nous montre que ce qui est présenté comme une aberration est quasiment la norme!
En fait, David bat régulièrement Goliath s'il utilise des méthodes non-conventionnelles. Un lance-pierre, par exemple.
Goliath est un soldat rompu à l'art de la guerre. Il sait se battre, s'est entraîné contre des ennemis possédant un niveau équivalent au sien et les a vaincu. Le problème, justement, c'est que le niveau de David est différent. Pas inférieur, pas équivalent non plus. David ne sait pas se battre. Mais il sait utiliser un lance-pierre. Face à cet adversaire, Goliath est désarmé.
Cette parabole philosophique peut alimenter la réflexion autour du jeu vidéo, et notamment du game design, cet ensemble de règles fixées par les développeurs qui forment l'environnement de jeu. En effet, David et son lance-pierre ne sont pas si loin du cheat-exploit, l'exploitation d'une faille dans un système logique. En somme, il faut privilégier la surprise, et prendre constamment l'adversaire à contre-pied en retournant contre lui les règles établies, et en bafouant systématiquement les accords tacites. Sun Tzu n'a qu'à bien se tenir!
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Mes jeux du moment :
PC : Empire Total War (Creative Assembly / Sega) et Arma II
DS : Blood Bowl (Cyanide / Focus Interactive)
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18 août 2009
Le jeu vidéo est mort. Vive le jeu vidéo!
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"Video Games Are Dead". Emission vue sur le blog de Raph Koster, ancien directeur créatif de Sony Online Entertainment, chef de projet de Star Wars Galaxy et Ultima Online. La vidéo, intéressante et parfois polémique, pose ouvertement la question et accueille les témoignages de nombreux acteurs de l'industrie. La conclusion - on pouvait s'y attendre - est que non, le jeu vidéo n'est pas mort. Mais qu'il va devoir muter.
Jusqu'à récemment épargné par la crise, il doit maintenant faire avec des ventes en baisse, un chômage galopant et de nombreuses fermetures de studios. L'un des résultats concrets de ce vacillement est le report de nombreux blockbusters à l'année 2010. Comment sortir de la crise autrement qu'en attendant des jours meilleurs?
L'un des interviewés dira : "nous avons aujourd'hui dans l'industrie une majorité de personnes qui sont là pour faire de l'argent ; nous avons besoin d'artistes". Angélique, mais pas complètement faux. Le constat, surtout, est que le jeu vidéo est à un croisement de son existence. L'analogie avec le cinéma est intéressante...
Le jeu vidéo a en effet tout juste 51 ans, mais son industrie est encore bien jeune. En 1895 avait lieu la première projection du cinématographe Lumière. Cinquante ans plus tard, le cinéma était doté de quelques chefs-d'oeuvres. Mais jusqu'à aujourd'hui, il a également dû s'adapter à un contexte économique, et à un marché. Et bien des oracles auront prédit sa mort tout au long de son évolution. Le mourant annoncé ne se porte pas si mal...

